Dans une tribune publiée à la veille de l’anniversaire d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, Victor Mefe revient sur les avertissements formulés par l’ancien Premier ministre après le changement de pouvoir du 30 août 2023. Il estime notamment que les trois années écoulées n’ont pas permis, selon lui, de répondre aux attentes suscitées par cet événement : « Que l’on approuve ou non ce coup d’État, cet événement aurait pu être l’occasion donnée aux Gabonais d’emprunter un autre chemin et d’offrir à notre pays un nouveau souffle. »
Pour l’auteur, cette occasion n’aurait pas été saisie. Il évoque notamment l’autoritarisme, les restrictions des libertés, les droits humains et les tensions autour du droit de grève. Une lecture qu’il résume en reprenant une formule régulièrement employée par Bilie-By-Nze : « encore une occasion manquée ! »
Mais la principale interrogation de la tribune porte sur les finances publiques. Victor Mefe met en parallèle les 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes évoqués récemment par la Cour des comptes et les quelque 40 000 milliards de FCFA de recettes publiques qu’il estime avoir été encaissées par l’État sur vingt ans : « Le retard accumulé par le Gabon depuis vingt ans ne peut pas s’expliquer par les seuls 1 700 milliards aujourd’hui mis en avant. Que sont devenus les quelque 40 000 milliards de FCFA de ressources publiques gérées par l’État pendant la même période ? »
Victor Mefe considère que les débets ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer l’ensemble des insuffisances de la gestion publique. Il cite les projets abandonnés, les investissements sans rendement social ou encore les politiques publiques dont les résultats n’auraient pas été à la hauteur des ressources mobilisées.
La publication de noms de personnes associées à certains débets l’amène également à s’interroger sur la démarche engagée : « Cherche-t-on réellement à comprendre vingt années de gestion publique ou cherche-t-on à désigner quelques visages à la vindicte populaire pour éviter de poser la question des 40 000 milliards ? »
Pour sortir de cette logique, l’auteur rappelle deux propositions attribuées à Alain-Claude Bilie-By-Nze : la tenue d’États généraux de la Nation et la création d’une Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation. L’objectif serait notamment d’établir les responsabilités et de retracer l’utilisation des ressources publiques.
La dernière partie de la tribune est consacrée à la détention de l’ancien Premier ministre, incarcéré depuis avril 2026. Victor Mefe estime que son absence du débat public prive le pays d’une voix contradictoire : « L’opposition n’est pas l’ennemie de l’État. Elle est la deuxième voix de la raison. »
Sur le sort de Bilie-By-Nze, Victor Mefe ne cache pas sa position : « Alain-Claude Bilie-By-Nze doit sortir de prison. » Il qualifie par ailleurs son incarcération d’« injuste et politique », une appréciation qui relève de l’auteur de la tribune.
Au terme de son texte, Victor Mefe revient ainsi à son idée de départ : les avertissements formulés par Alain-Claude Bilie-By-Nze depuis 2023 mériteraient, selon lui, d’être réexaminés à la lumière de l’évolution du pays.







