Sur le perron du palais présidentiel zambien, l’image est forte. Quelques instants après avoir présenté ses lettres de créance au président zambien Hakainde Hichilema, l’ambassadrice du Gabon, Edwige Koumbi Missambo, échange avec le chef de l’État. À ses côtés se tient un homme que les cercles diplomatiques connaissent peu, mais dont le nom revient régulièrement dès qu’il est question d’opportunités économiques entre le Gabon et la Zambie : Omva Hervé.
La scène, captée en marge de la cérémonie officielle du 27 mai dernier, raconte à elle seule l’évolution de la diplomatie gabonaise. À côté des ambassadeurs et des représentants officiels gravitent désormais des entrepreneurs de la diaspora appelés à jouer un rôle de premier plan dans la conquête de nouveaux marchés et l’attraction d’investissements.
Installé en Zambie depuis plusieurs années, Omva Hervé a accompagné l’ambassadrice tout au long de son séjour à Lusaka, du 26 au 31 mai. Cofondateur de Mulilonkosi Farm Produce Limited, il est aujourd’hui l’un des Gabonais les mieux introduits dans les milieux agricoles et économiques zambiens.
Au-delà de la présentation protocolaire des lettres de créance, la mission gabonaise poursuivait un objectif clair : identifier des partenaires susceptibles d’accompagner la transformation économique du Gabon voulue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Durant plusieurs jours, Omva Hervé a conduit la délégation gabonaise sur le terrain. Des bureaux de la Zambia Development Agency (ZDA) à ceux de la Zambia Chamber of Commerce and Industry (ZACCI), en passant par les principaux acteurs privés du secteur agricole, il a facilité des rencontres de haut niveau avec des investisseurs et des entreprises désireux d’explorer les opportunités offertes par le Gabon.
Parmi les étapes marquantes de cette tournée figurait la visite de Zamseed, l’un des fleurons de l’agriculture zambienne. Leader dans la production de semences adaptées aux contraintes climatiques africaines, l’entreprise dispose d’une expertise reconnue sur le continent et nourrit des ambitions d’expansion régionale.
Les échanges ont rapidement dépassé le simple cadre de la coopération bilatérale. Les investisseurs rencontrés ont voulu comprendre la vision économique du Gabon, ses réformes en cours, ses projets d’infrastructures et les opportunités offertes dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’agro-industrie.
Au fil des discussions, une ambition commune s’est dessinée : faire du Gabon le HUB agricole de la zone CEMAC.
Pour les opérateurs rencontrés à Lusaka, le Gabon présente plusieurs avantages compétitifs : une stabilité politique retrouvée, un accès privilégié au marché de l’Afrique centrale, des ressources foncières importantes et une volonté politique affirmée de renforcer la souveraineté alimentaire tout en développant une agriculture moderne et industrielle.
Plusieurs entreprises ont ainsi manifesté leur intérêt pour une implantation future au Gabon, avec pour objectif d’y développer des activités de production, de transformation et de distribution destinées à l’ensemble du marché sous-régional.
Cette dynamique illustre parfaitement la nouvelle orientation de la diplomatie gabonaise. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema ouvre la voie à travers ses déplacements et ses prises de position en faveur de l’investissement et de l’intégration économique africaine. Les ambassadeurs traduisent cette vision sur le terrain. Quant à la diaspora, elle apparaît désormais comme un levier essentiel pour accélérer cette transformation.
À travers son action à Lusaka, Omva Hervé incarne cette nouvelle génération de Gabonais de l’extérieur qui mettent leurs réseaux, leur expertise et leur connaissance des marchés étrangers au service du développement national.
Loin des projecteurs, mais au cœur des échanges économiques, il a joué durant cette mission le rôle d’un véritable ambassadeur économique. Une illustration concrète de la volonté du Gabon de transformer ses ambitions en partenariats, ses discours en projets et ses relations diplomatiques en opportunités d’investissement.
Un engagement qui donne corps à l’appel du chef de l’État invitant la diaspora à participer pleinement à la construction du nouveau Gabon.
À Lusaka, cette ambition a pris le visage d’un entrepreneur convaincu que l’avenir agricole de l’Afrique centrale pourrait bien s’écrire, demain, depuis Libreville.









