Présent à Libreville depuis hier dans le cadre d’un séjour de travail, Denis Sassou Nguesso est interpellé par une initiative citoyenne. Dans une lettre ouverte dont nous avons reçu une copie, Victor Mefe sollicite l’attention du président congolais sur plusieurs questions liées, selon lui, à la cohésion nationale et au dialogue au Gabon.
Le chef de l’État congolais, dont le pays entretient des relations historiques avec le Gabon, doit notamment prendre part ce vendredi à la cérémonie de mariage à l’état civil d’Omar Denis Junior Bongo Ondimba et de Julia Otto Mbongo.
Dans son courrier, Victor Mefe explique avoir choisi de s’adresser publiquement à Denis Sassou Nguesso après, selon ses déclarations, avoir tenté d’emprunter des voies plus discrètes : « Si je m’adresse à vous publiquement, ce n’est ni par facilité, ni par goût de l’exposition médiatique. J’aurais naturellement préféré que ce message vous parvienne par les voies discrètes qu’offre la diplomatie », écrit-il.
Une interpellation fondée sur les liens entre le Gabon et le Congo
L’auteur de la lettre met en avant la proximité historique entre Libreville et Brazzaville pour justifier son choix de s’adresser au président congolais : « Cette proximité singulière entre nos deux nations est une richesse. Elle vous confère également une écoute et une autorité morale que très peu de chefs d’État africains peuvent aujourd’hui exercer auprès des responsables politiques gabonais », affirme-t-il.
Victor Mefe estime que l’expérience politique de Denis Sassou Nguesso pourrait, selon lui, contribuer à favoriser un climat de dialogue.
Il précise toutefois ne pas demander au président congolais de s’immiscer dans les affaires politiques internes du Gabon : « Je ne vous écris pas pour vous demander de prendre parti dans les débats politiques gabonais. Je ne vous écris pas davantage pour vous demander de vous substituer aux institutions de mon pays », indique-t-il.
Dans cette lettre ouverte, Victor Mefe revient également sur la situation de plusieurs personnalités politiques gabonaises.
Il cite notamment l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, détenu depuis plusieurs semaines, ainsi que le professeur Albert Ondo Ossa, absent du pays depuis plusieurs mois.
Pour l’auteur, ces situations participeraient à un sentiment de division chez certains citoyens : « Au-delà des personnes, c’est cette fracture silencieuse qui m’inquiète », écrit-il.
Une démarche déjà observée dans d’autres contextes
Cette initiative n’est pas la première prise de parole publique de Victor Mefe à l’attention de personnalités étrangères intervenant dans les relations avec le Gabon.
À la veille de la visite d’État du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema en France, le citoyen gabonais avait déjà adressé des interpellations publiques à l’ambassadeur de France au Gabon, puis au président français Emmanuel Macron.
Des démarches qui s’inscrivent, selon leur auteur, dans une volonté de porter un message autour des questions de dialogue et de coopération.
Dans la suite de son courrier, le citoyen gabonais formule le souhait de voir Denis Sassou Nguesso encourager les autorités gabonaises à privilégier le dialogue : « Je forme donc le vœu que vous puissiez, avec la discrétion qui caractérise les grands hommes d’État, encourager les autorités gabonaises à privilégier l’apaisement, le dialogue et la réconciliation nationale », écrit-il.
Il évoque également les valeurs de paix et de fraternité qu’il considère comme fondamentales dans l’histoire du Gabon.
Cette lettre ouverte intervient dans le cadre du séjour du président congolais au Gabon, qui s’inscrit dans les relations entre Libreville et Brazzaville et comprend plusieurs engagements officiels et privés, dont la cérémonie de mariage à l’état civil d’Omar Denis Junior Bongo Ondimba et Julia Otto Mbongo.






