Le PASBMIR, pour Projet d’accès aux services de base en milieu rural et renforcement de capacités, devait apporter l’eau potable et l’électricité à des localités de l’intérieur. Bakoumba, Cocobeach, Gamba, Lambaréné, Makokou, Médouneu, Minvoul, Ndendé. Des écoles et des centres de santé aussi, le long des axes Aboumi-Ndangui et Oyenano-Sindara. La Banque mondiale l’a financé de 2016 à 2023.
Aucune échéance n’a été tenue. Fixée d’abord à fin 2022, la clôture a été repoussée à juin 2023, puis à novembre. En octobre de cette année-là, le ministre de l’Énergie Jeannot Kalima a reçu les responsables de l’entreprise Mega Service pour leur signifier que leurs justifications ne passaient plus. Sur le terrain, des chefs de canton de la zone Oyenano-Sindara avaient déjà alerté sur des travaux à l’arrêt.
Il y a bien eu des réalisations. Au 31 juillet 2023, la Banque mondiale comptait 12 784 ménages raccordés, 160 kilomètres de lignes haute tension et 140 de basse tension, 27 points d’eau remis en service. L’ambition affichée était tout autre : un taux d’électrification rurale de 80 % sur l’ensemble du territoire.
Le volet électricité n’a pas été achevé. La trace se lit dans les documents du projet qui prend la suite. Pour terminer ce qui a été laissé en plan, la Banque mondiale y a inscrit une enveloppe dédiée.
Ce projet successeur porte le sigle PASBAP, Projet d’accès aux services de base et d’amélioration des performances. La Banque mondiale l’a approuvé le 5 février 2026, pour 150 millions de dollars, soit environ 85 milliards de FCFA. Il couvre 42 localités dans les neuf provinces et dit s’appuyer sur les enseignements du PASBMIR et du PIAEPAL. Ses cibles : 50 000 abonnés supplémentaires à l’eau, 35 000 à l’électricité, 120 kilomètres de lignes moyenne tension. La même institution relève que 90 % des citadins ont accès à l’eau et 94 % à l’électricité, mais que la faiblesse et l’irrégularité du service en réduisent la portée.
Le bilan du PASBMIR, lui, reste introuvable. Son rapport de clôture devait précéder le lancement du PASBAP. Aucun document public ne l’a rendu à ce jour. Le coût réel de sept années de chantier, comme celui du volet électrique à reprendre, n’a jamais été communiqué.







