Trois pays, une seule destination. Le Gabon, le Liberia et le Zimbabwe ont officiellement proposé d’accueillir en 2027 le 9e Sommet de coordination de l’Union africaine avec les communautés économiques régionales. L’UA a pris acte des trois candidatures et invité les États concernés à poursuivre les consultations afin de parvenir à un consensus. Pour Libreville, la bataille ne se gagnera donc pas uniquement avec un Palais des congrès rénové, mais avec des soutiens politiques capables de faire la différence.
C’est précisément le sens de la démarche d’Oligui Nguema auprès de Félix Tshisekedi. En sollicitant publiquement l’appui de la RDC, le président gabonais a montré que la candidature de Libreville est désormais entrée dans sa phase diplomatique. Kinshasa n’est certes qu’une voix parmi les États membres de l’Union, mais le signal est révélateur : Libreville cherche à élargir son cercle de soutiens au-delà de l’Afrique centrale.
Sur le papier, le Gabon dispose pourtant d’arguments sérieux. Le Palais des congrès de la Cité de la Démocratie, rénové, constitue la pièce maîtresse du dossier. La capitale gabonaise peut également faire valoir son expérience récente : en mai 2026, Libreville a accueilli la 17e retraite de haut niveau de l’Union africaine consacrée à la paix, à la sécurité et à la stabilité sur le continent.
Autre argument soigneusement mis en avant : 2027 marquera le cinquantenaire du sommet de l’OUA organisé à Libreville en 1977. Pour les autorités gabonaises, l’occasion est belle de renouer avec une histoire diplomatique qui avait fait de la capitale gabonaise un lieu privilégié des rencontres africaines. Mais l’histoire ne suffit pas à départager trois candidatures.
Car le Liberia et le Zimbabwe ont eux aussi des cartes à jouer. Monrovia peut compter sur ses relais en Afrique de l’Ouest, tandis que Harare dispose de l’ancrage de l’Afrique australe. Dans les arbitrages de l’Union africaine, ces équilibres régionaux peuvent peser lourd. Le Gabon devra donc convaincre au-delà de la seule Communauté économique des États de l’Afrique centrale.
C’est là que se trouve le véritable défi de Libreville. La Cité de la Démocratie peut fournir le décor, mais ce sont les capitales africaines qui fourniront le rapport de force. La décision de l’UA privilégiant pour l’heure la recherche d’un consensus, les prochains mois devraient être marqués par les consultations et les négociations entre les trois prétendants.
Pour Oligui Nguema, l’enjeu dépasse d’ailleurs l’organisation d’un rendez-vous continental. Faire venir l’Afrique à Libreville en 2027 permettrait au chef de l’État de donner une traduction concrète à son ambition de repositionner le Gabon sur la scène diplomatique africaine. Après le sommet de l’OUA de 1977, Libreville veut de nouveau être la ville où l’Afrique se retrouve.
Reste à savoir si le Gabon saura convaincre suffisamment de capitales pour que le Palais des congrès de la Cité de la Démocratie ne soit pas seulement prêt à accueillir le sommet, mais soit effectivement choisi pour l’abriter.
Le Gabon a déjà commencé à chercher les voix. Le Liberia et le Zimbabwe aussi.






