L’opération, lancée ce lundi, prolonge dans l’Ogooué-Ivindo un dispositif que la CEAG promène de commune en commune depuis le printemps. Après un premier « méga marché » ouvert le 25 avril au stade d’Angondjé, à Akanda, la structure a successivement posé ses étals à Port-Gentil, à Nzeng-Ayong, à Owendo, à Minvoul, puis au stade Monédan de Sibang, au PK9, début août. Riz, huile, sucre, savon, volaille, conserves et articles d’hygiène y sont proposés à des tarifs allégés, l’absence d’intermédiaires étant présentée comme le levier de cette décote.
Créée en avril 2026, la CEAG se veut le bras opérationnel de la lutte contre la vie chère érigée en priorité par la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. Société d’économie mixte détenue à 37 % par l’État et à 63 % par des actionnaires privés, placée sous la tutelle du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, elle a pour mandat de structurer les circuits d’approvisionnement en biens essentiels. Son directeur général, Théophile Boutamba, revendique un marché « pérenne » et itinérant, appelé à quadriller le territoire au plus près des ménages.
La halte de Makokou n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans le calendrier des festivités de la troisième édition de la Fête nationale de la Libération, dont l’Ogooué-Ivindo est cette année la province hôte et qui se déroulent du 25 au 31 août, avec pour point d’orgue le défilé du 30 août. La communication officielle de l’événement a d’ailleurs annoncé la présentation d’une Centrale d’Achat provinciale, érigée en instrument de dynamisation de l’économie locale. En trois jours plutôt que les deux habituellement pratiqués, l’étape de Makokou épouse ainsi la double ambition affichée par l’exécutif : soulager le panier de la ménagère et faire de la commémoration un accélérateur de développement territorial.
Reste que la province, longtemps marquée par l’enclavement et un coût de la vie renchéri par l’éloignement, attend des retombées durables, au-delà de l’affluence des grands rendez-vous. La capacité de la CEAG à maintenir une offre régulière une fois les projecteurs de la Libération éteints constituera le véritable test de son ancrage dans l’Ogooué-Ivindo.







