Le remorqueur a disparu en pleine nuit. Sans appel de détresse. Sans signal d’alerte. Quelques heures plus tard, seule la barge qu’il tractait dérivait encore au large des côtes gabonaises, comme abandonnée au milieu du Golfe de Guinée.
Depuis, quatre marins gabonais demeurent portés disparus.
Selon les informations communiquées par les autorités, le convoi maritime avait quitté Kango avant de faire escale à Libreville puis de reprendre sa route vers Port-Gentil. Le remorqueur assurait alors le remorquage de la barge immatriculée PG 3271, dans des conditions qui restent encore à éclaircir.
C’est le navire à passagers Victoria Jet, effectuant la liaison entre Port-Gentil et Libreville, qui a donné l’alerte au petit matin après avoir repéré la barge dérivant seule dans la zone d’Équata, à environ neuf nautiques des côtes gabonaises. Aucun membre d’équipage n’a été aperçu.
Les dernières communications enregistrées situeraient encore le convoi entre minuit et une heure du matin dans la nuit du drame. Puis plus rien.
Les circonstances exactes du naufrage demeurent inconnues. Les enquêteurs cherchent désormais à comprendre ce qui a pu provoquer un chavirement aussi soudain : défaillance technique, rupture du dispositif de remorquage, voie d’eau brutale ou incident de navigation.
Pour l’instant, aucune piste n’est officiellement privilégiée. Mais l’absence totale de signal de détresse alimente déjà de nombreuses interrogations dans le secteur maritime.
Dès le déclenchement de l’alerte, le PC Crise Maritime a coordonné une opération de recherche mobilisant plusieurs moyens nautiques et aériens.
Un patrouilleur de la Marine nationale, le remorqueur civil Nitsia, une unité rapide de la Gendarmerie nautique ainsi qu’un avion de patrouille maritime ALSR ont été engagés dans les recherches.
Pendant plus d’une heure trente, l’aéronef a survolé la zone du naufrage à basse altitude à la recherche de radeaux de survie, de débris ou d’éventuels survivants.
Le ministère de la Défense nationale reconnaît qu’« aucune présence de radeaux de sauvetage ni aucun membre d’équipage n’a pu être formellement localisé à ce stade ».
Malgré cela, les autorités continuent d’espérer que les quatre marins aient pu évacuer avant le naufrage.
Le remorqueur a finalement été retrouvé immergé à la position 0°10’129 Sud et 9°00’211 Est, par environ 60 mètres de profondeur.
Cette découverte marque une étape importante dans l’enquête, mais elle renforce également les craintes autour du sort de l’équipage.
Le ministère a annoncé l’intervention prochaine d’une structure spécialisée dans les plongées sous-marines profondes afin d’examiner l’épave et de déterminer si des corps se trouvent encore à l’intérieur du navire.
Autrement dit, les autorités envisagent désormais la possibilité que certains marins n’aient jamais réussi à quitter le remorqueur avant son immersion.
Les questions sur la sécurité maritime
Au-delà de l’émotion, le drame soulève déjà plusieurs interrogations sur les conditions de sécurité du convoi.
Le remorqueur disposait-il de tous les équipements réglementaires ?
Les systèmes d’alerte et de communication fonctionnaient-ils normalement ? L’équipage était-il équipé de moyens de survie adaptés à une navigation nocturne ? Autant de questions auxquelles l’enquête devra répondre dans les prochains jours.
La ministre d’État à la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, a assuré que la situation faisait l’objet d’un « suivi attentif au plus haut niveau de l’État ».
En attendant, au large d’Équata, quatre familles vivent suspendues à une hypothèse : celle qu’un signe de vie surgisse encore au milieu de l’océan.







