Les politiques macroéconomiques constituent le socle sur lequel repose la réalisation des objectifs stratégiques du Gabon. Dans un contexte marqué par la cherté de la vie, les tensions budgétaires et les défis structurels d’une économie encore trop dépendante du pétrole, le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations a engagé, en cent jours, des réformes ambitieuses et concrètes.
La lutte contre la vie chère : des mesures immédiates et structurelles
Sur instruction de Son Excellence Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République et chef de l’État, le gouvernement a agi sur deux fronts simultanément. D’une part, la suppression des droits et taxes sur les biens de première nécessité a offert un soulagement immédiat aux ménages gabonais. D’autre part, la création d’une centrale d’achat constitue une réponse structurelle à la flambée des prix des produits de grande consommation. Les résultats sont tangibles : le sac de riz de 44 kg est désormais disponible à 20 000 FCFA contre 28 000 FCFA auparavant, et le litre d’huile de cuisine est passé à 800 FCFA contre 1 200 FCFA sur le marché libre.
Cette centrale d’achat développera prochainement son propre réseau d’approvisionnement et de distribution, avec un objectif clair : réduire durablement la dépendance aux importateurs qui dominent aujourd’hui la chaîne d’approvisionnement nationale et lutter structurellement contre la cherté de la vie.
La gestion rigoureuse des finances publiques : discipline et transparence
Le cadrage macroéconomique et budgétaire (CMB), intégré au projet de loi de finances rectificative (PLFR 2026), reflète une réalité budgétaire contrainte : le budget prévisionnel a été ramené de 6 358,2 milliards de FCFA à 5 495,2 milliards de FCFA, traduisant à la fois une contraction des ressources et une volonté affirmée d’assainissement. Dans un environnement international toujours sous tension — notamment en raison du conflit en Europe de l’Est et de ses effets redistributifs sur l’économie mondiale — le Gabon doit consolider sa trajectoire budgétaire.
Les économies diversifiées résistent mieux à ces chocs : c’est précisément l’ambition portée par ce gouvernement. La mise en place de mécanismes permanents de suivi et d’évaluation des performances, pilotés par le comité de pilotage du Contrôle interne budgétaire (CIB), traduit cette exigence de discipline et de redevabilité dans la gestion des deniers publics.
La préservation de l’équilibre macroéconomique : réduire la vulnérabilité structurelle
Le déficit de la balance des paiements pèse sur les relations extérieures du Gabon, en raison d’une augmentation généralisée des prix sur les marchés internationaux. Avec plus de 60 % du PIB adossé à l’exploitation pétrolière, l’économie gabonaise demeure structurellement fragile : hors pétrole, la balance commerciale est déficitaire.
Pour y remédier, le gouvernement a lancé des réformes visant à renforcer l’autonomie alimentaire du pays. Ainsi, l’arrêt des importations de poulet de chair est prévu à partir de janvier 2027. En soutenant la filière avicole locale, cette mesure contribuera à créer des emplois, à appuyer les PME et PMI et à garantir la sécurité alimentaire, confortant ainsi l’orientation résolue du Gabon vers la diversification économique.
La situation d’endettement : un défi maîtrisable
L’endettement de l’État gabonais résulte du déséquilibre persistant entre les ressources mobilisées et les charges publiques. L’État a remboursé plus de 3 000 milliards de FCFA depuis 2023 sur une dette globale dépassant 8 000 milliards de FCFA, dont 4 100 à 4 600 milliards de dette intérieure et le reste en dette extérieure.
Si le niveau d’endettement dépasse 70 % du PIB selon le FMI, cela ne doit pas être perçu comme une alarme systémique en soi. Ce qui importe davantage, c’est la qualité de la dette et sa capacité à générer des leviers de croissance à travers des projets structurants. Dans une économie dynamique, l’emprunt peut constituer un levier pour rembourser les dettes antérieures grâce aux marges bénéficiaires générées par les investissements, à condition que le cadrage macroéconomique maintienne le déficit budgétaire sur une trajectoire de réduction conforme au PNCD 2026-2030, soit de 12 % à 3 % du PIB.
L’intensification des recettes fiscales et non fiscales par la digitalisation
Le 3 octobre 2025, Son Excellence Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema a instruit le gouvernement de procéder à la digitalisation des services administratifs, une réforme aussi ambitieuse que nécessaire. Dans ce cadre, le ministère de l’Économie envisage d’étendre l’accès aux données en temps réel à tous les membres du comité de pilotage du CIB via le SIGFIP (Système intégré de gestion des finances publiques).
Cet outil permettra de suivre en temps réel le volume des recettes fiscales et douanières, tout en renforçant le contrôle des opérations budgétaires, financières et comptables de l’État. Cette transformation numérique s’inscrit dans une logique plus large de rebasage de la prévision budgétaire, en adéquation avec les priorités actuelles en matière de planification, d’exécution budgétaire, d’exploration des options de développement et d’anticipation des phénomènes socioéconomiques.
En cent jours, le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations a posé les jalons d’une transformation profonde. La lutte concrète contre la vie chère, l’assainissement budgétaire, la diversification économique, la maîtrise de la dette et la modernisation numérique forment un ensemble cohérent dont les effets se mesureront sur la durée.
Ces chantiers sont interdépendants et leur succès repose sur une volonté politique claire, une gouvernance rigoureuse et une mobilisation collective. Le Gabon dispose des ressources — humaines, naturelles et institutionnelles — pour réussir ce pari. L’heure est à l’exécution.
¹ Petites et Moyennes Entreprises — ² Petites et Moyennes Industries — ³ Plan National de Croissance et de Développement — ⁴ Système intégré de gestion des finances publiques







