Le rendez-vous, programmé en fin de journée, doit associer un discours du chef de l’État et des prestations d’artistes gabonais. Sa préparation aurait été confiée à l’homme d’affaires Cyrille Ona et à Alain Ogouliguende, présentés comme deux relais de premier plan du pouvoir au sein de la communauté gabonaise établie en France.
Reste que le camp Oligui n’exclut pas des actions de protestation en marge de l’événement. Sont d’abord visés, d’après la même source, les soutiens d’Ali Bongo, au premier rang desquels Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Installé à Paris depuis plusieurs mois après avoir quitté le Gabon, celui-ci y animerait les réseaux de l’ancien président et coordonnerait les activistes fidèles à l’ex-famille présidentielle.
L’autre foyer d’inquiétude tient aux partisans d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. L’ancien Premier ministre d’Ali Bongo, devenu le principal opposant au régime, est détenu depuis le 15 avril à la prison centrale de Libreville, dans le cadre d’une enquête portant officiellement sur des faits d’« escroquerie » et d’« abus de confiance » qui remonteraient à 2008.
Le volet institutionnel du séjour, lui, a été coordonné avec l’ambassadeur du Gabon à Paris, Alfred Nguia Banda, chargé des séquences officielles : entretiens avec le président du Sénat, Gérard Larcher, et le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, cérémonies devant la tombe du Soldat inconnu et au mémorial du Mont-Valérien, puis dîner de gala à l’Élysée.
On est loin, en tout cas, de la ferveur qui avait accompagné les premiers contacts du chef de l’État avec la diaspora au lendemain du coup d’État d’août 2023. Porté par l’espoir d’une rupture avec le système Bongo, Brice Clotaire Oligui Nguema bénéficiait alors d’un accueil largement favorable au sein d’une communauté qui voyait en lui l’homme de la transition. Deux ans plus tard, la coupure des réseaux sociaux et l’incarcération de son principal opposant ont refroidi une partie de ce soutien initial.
C’est donc à Saint-Germain-en-Laye, loin des ors de la République, que se jouera la part la plus incertaine de ce déplacement. La démonstration d’unité que le pouvoir gabonais veut donner à l’étranger dépendra de sa capacité à contenir une diaspora que la détention de Bilie-By-Nze et le climat politique à Libreville continuent de diviser.







