L’arrivée se prépare avec méthode. Depuis plusieurs semaines, les visuels se multiplient sur les réseaux sociaux, un clip a été tourné avec L’Oiseau Rare et Emma’a, et le recrutement des conducteurs se compte déjà par centaines. Reste à préciser la date de mise en service.
Le rôle du partenaire local
« TaxiGo Gabon intervient comme partenaire local dans le déploiement de la solution Yango au Gabon » , pose d’emblée Astrid Cécile Oyamigu Odounga. Elle détaille : « Notre rôle est notamment d’accompagner la constitution et l’animation du réseau de chauffeurs partenaires, de faciliter leur parcours d’intégration et de contribuer à l’accompagnement opérationnel sur le terrain. » Concrètement, ajoute-t-elle, « cela comprend notamment le recrutement, la sensibilisation et l’accompagnement des chauffeurs, ainsi que la mise en place permettant d’une présence locale de répondre aux réalités du marché gabonais ».
Sur le volet institutionnel, la co-gérante assure : « Nous sommes naturellement attentifs au respect du cadre réglementaire applicable et au dialogue avec les différentes parties impliquées par le transport urbain. »
Quant au calendrier, elle privilégie une approche par étapes. « Concernant la date précise de lancement, nous préférons rester prudents tant que l’ensemble des conditions opérationnelles et réglementaires ne sont pas définitivement réunies » , indique-t-elle. « Le déploiement est en cours et nous communiquerons strictement la date de mise en service lorsque celle-ci sera arrêtée. » Et de résumer sa ligne de conduite : « L’objectif n’est pas simplement de lancer une application, mais de mettre en place un service fiable, structuré et adapté aux réalités de Libreville. »
Une offre pensée pour un marché déjà actif
Le marché que vise Yango n’a rien d’une friche. Gozem y opère depuis 2021. Les taxis électriques Ndzéla, déployés fin 2025 dans le cadre du projet Taxi-Vert porté avec l’ANPI-Gabon et la Banque centrale, ont installé une offre de mobilité plus verte. À cela s’ajoute le programme public Taxi Gab, en cours d’extension vers les capitales provinciales, et les taxis traditionnels qui structurent depuis toujours le déplacement des Librevillois.
TaxiGo Gabon se pose en complément. « Nous ne considérons pas que Yango arrive sur un marché vide, et nous ne sommes pas dans une logique de dénigrement des acteurs qui existent déjà » , souligne la co-gérante. « Gozem, les taxis traditionnels et les nouvelles initiatives de mobilité ont chacun leur place dans l’écosystème de transport gabonais. » Ce que la plateforme revendique : « Ce que nous souhaitons apporter avec Yango, c’est avant tout une expérience de réservation et de déplacement davantage structuré autour du numérique. » Dans le détail, « l’application permet notamment de commander une course, de connaître les informations essentielles liées au trajet et de disposer d’un cadre plus lisible avant et pendant la course ».
Sur le prix, sujet sensible dans un marché où le pouvoir d’achat de compte, elle se garde de promettre le tarif le plus bas. « Sur la question du prix, nous ne voulons pas annoncer aujourd’hui une localisation artificiellement « moins cher » que les autres acteurs » , explique-t-elle. « Le tarif doit rester cohérent avec la réalité économique du marché, les attentes des passagers et les conditions d’exploitation des chauffeurs. » Elle définit l’ambition : « Notre ambition est plutôt de proposer une combinaison entre accessibilité, transparence, disponibilité et qualité de service. » Et prévient : « La fiabilité ne se décrète pas non plus : elle se construit avec un réseau de chauffeurs correctement intégrés, accompagnés et suivis, ainsi qu’avec une expérience utilisateur cohérente. »
Conformité et dialogue avec les autorités
Interrogée sur les autorisations et sur les frictions que Yango est connue avec certains régulateurs sur le continent, la co-gérante place la conformité au cœur de sa réponse. « Le déploiement d’un service de mobilité ne peut pas se faire en dehors du cadre établi par les autorités gabonaises. Nous sommes en parfaitement conscients » , affirme-t-elle. « TaxiGo Gabon travaille donc dans une logique de conformité et de dialogue avec les parties prenantes compétentes », poursuit-elle, ajoutant que « les aspects réglementaires et administratifs relèvent naturellement des procédures et des autorités habilitées à les encadrer ». Elle pose toutefois une limite : « Nous ne souhaitons pas commenter publiquement, étape par étape, des démarches administratives qui sont susceptibles d’évoluer ou de relever de plusieurs interlocuteurs. » Et de préciser : « Notre démarche est celle d’un partenaire local qui souhaite s’inscrire durablement dans l’écosystème gabonais, et non celle d’un acteur qui chercherait à contourner les règles existantes. »
Aux taximen déjà installés, la co-gérante adresse un signal d’ouverture. « Concernant les taximen déjà installés, notre position est très claire : ils font partie intégrante de l’écosystème du transport à Libreville » , insiste-t-elle. « Notre objectif est de créer des opportunités supplémentaires pour les professionnels qui souhaitent rejoindre la plateforme, et non de déclarer une guerre aux acteurs existants. » Elle y voit un levier : « La digitalisation peut justement permettre à des chauffeurs déjà présents dans le secteur de développer leur activité et d’accéder à une clientèle complémentaire. »
Un modèle économique aux promesses réalisées
Sur la phase de lancement, la co-gérante explique : « La période de lancement répond à une logique particulière : il s’agit de permettre aux chauffeurs de découvrir la plateforme, de faciliter leur intégration et de créer rapidement une masse critique de conducteurs et de passagers. » Elle en circonscrit d’emblée la portée : « Les conditions promotionnelles annoncées dans le cadre du lancement sont donc à comprendre comme des conditions de lancement, et non comme une promesse permanente. » À terme, « le modèle économique repose sur une activité de mise en relation entre passagers et chauffeurs partenaires, selon les conditions définies dans le cadre du partenariat ».
Sur les revenus des conducteurs, elle préfère ne pas s’engager sur un montant. « Nous préférons ne pas annoncer aujourd’hui un niveau de revenus garantis pour les chauffeurs » , indique-t-elle. « Les revenus réels dépendent notamment du nombre de cours effectués, du temps d’activité, de la demande, des conditions du marché et des coûts d’exploitation du véhicule. » Elle avance néanmoins un apport : « Nous pensons que la plateforme peut contribuer à professionnaliser davantage l’activité : meilleure visibilité des cours, accompagnement des chauffeurs, utilisation d’outils numériques et accès à une clientèle plus large. » Et d’ajouter : « À l’échelle économique, notre ambition est également de contribuer à la création d’activités et de revenus pour les professionnels gabonais qui rejoignent le réseau. » Avant de conclure sur une exigence de méthode : « Nous mesurerons ces retombées sur la base des résultats effectivement observés, plutôt que de promettre des chiffres avant le démarrage. »
La date de mise en service sera communiquée ultérieurement. D’ici là, TaxiGo Gabon dit vouloir constituer un réseau de chauffeurs accompagnés et proposer aux Librevillois un service à la hauteur de leurs attentes.







