• Login
Le Confidentiel du Gabon
S'abonner
Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
  • Actualités
  • Economie
  • Gouvernance
  • Diplomatie
  • Environnement
  • Opinion
  • Société Culture et Sport
  • Matières Premières
  • Nominations
  • Publi-reportage
Le Confidentiel du Gabon
  • Actualités
  • Economie
  • Gouvernance
  • Diplomatie
  • Environnement
  • Opinion
  • Société Culture et Sport
  • Matières Premières
  • Nominations
  • Publi-reportage
Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
Le Confidentiel du Gabon
Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
Accueil Actualités

Le paradoxe de la Ve République : pourquoi le pouvoir d’Oluigi Nguema verrouille son entourage

Dans cette tribune libre, Guillou Bitsutsu-Gielessen, secrétaire politique du Mouvement pour la Grandeur du Gabon (MGG), dresse le constat d'un gouvernement qui avance sur le béton mais recule sur les hommes — recyclant ses élites plutôt que de les renouveler, et maintenant à distance une génération d'intellectuels prête à servir le pays.

La rédaction par La rédaction
28 juin 2026
dans Actualités, Opinion
Partager Sur FacebookPartager sur Twitter

 

A Lire Egalement

Santé : les agents en attente de poste budgétaire durcissent le ton

Chantiers de l’Etat : sous l’œil d’Oligui Nguema, les entreprises du BTP sommées de livrer

« Et Sybilus créa l’Homme… La Genèse » : un lecteur, diplomate de son état aux Nations unies à New York, salue « un ouvrage profond » réservé aux initiés

Guillou Bitsutsu-Gielessen
Secrétaire politique du MGG (Mouvement pour la Grandeur du Gabon)

Tribune libre. Au Gabon, le constat est saisissant : la Ve République, censée incarner une rupture historique, semble au contraire s’être enfermée dans une logique de continuité, entourée des mêmes figures qui ont façonné l’ancien régime. Ce phénomène n’est pas un hasard de calendrier ni un simple choix conjoncturel — c’est une stratégie délibérée de conservation du pouvoir. Car c’est bien là le paradoxe qu’aucun discours officiel ne parvient à dissiper : on nous a annoncé la déchéance de l’ancien système, la fin d’une époque, l’avènement d’une ère nouvelle — et pourtant, lorsqu’on observe attentivement la composition réelle du pouvoir, ce sont toujours les mêmes visages, les mêmes noms, les mêmes réseaux qui occupent les postes de décision. La rupture annoncée demeure, dans les faits, une rupture purement nominale.

Une avancée à deux vitesses

Il serait malhonnête de le nier : sur le plan des infrastructures, le pays avance. Les chantiers progressent, le visage matériel du Gabon se transforme, et cette dynamique-là mérite d’être reconnue sans procès d’intention. Mais c’est précisément ce contraste qui rend le constat d’autant plus préoccupant : si le pays avance sur le bitume et le béton, il fait du surplace sur l’essentiel — la gestion des hommes, la gestion des carrières, le renouvellement des élites. Car un pays ne se construit pas seulement avec des routes et des ponts ; il se construit avec des hommes et des femmes compétents, placés aux bonnes fonctions, dans une logique de mérite et de vision. Or, sur ce terrain-là, rien n’a véritablement bougé. Lorsque des changements ont eu lieu, ils l’ont été timidement, sans ambition affirmée, sans cette clarté qui permettrait de parler d’un véritable renouvellement. Rien de probant, rien de lisible, rien qui ressemble à une rupture réelle dans la manière de gouverner les hommes.

L’illusion de la rupture

Le « surplace » que dénonce aujourd’hui une large partie de l’opinion publique s’explique avant tout par un choix structurel : privilégier la stabilité des réseaux à la rupture par les compétences. En recyclant les anciennes personnalités, le pouvoir s’assure une forme de survie politique fondée sur des garanties croisées — les nouveaux dirigeants s’appuient sur des cadres dont les intérêts, les réseaux et parfois les dossiers restent intimement liés à l’ancien système. Ce mécanisme produit un entre-soi où la loyauté au clan prime systématiquement sur l’efficacité au service de la nation. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder la liste des nominations successives : les mêmes profils circulent d’un poste à un autre, comme si le pays ne disposait que d’un vivier restreint et immuable de dirigeants possibles. Cette répétition n’est pas anodine — elle traduit une fermeture délibérée des cercles du pouvoir à toute respiration nouvelle.

Le « mur de glace » face aux intellectuels

Pour préserver cet équilibre fragile, le pouvoir a érigé une véritable barrière — un « mur de glace » — devant les élites intellectuelles et techniques du pays. Cette exclusion n’est pas le fruit du hasard ; elle répond à une logique précise. L’intellectuel, par son exigence méthodologique et sa capacité d’analyse, est perçu comme une menace pour la narration officielle du pouvoir, qui cherche avant tout à neutraliser la critique. Là où les technocrates et les penseurs réclament des indicateurs de performance et une évaluation rigoureuse de l’action publique, le système préfère la gestion clientéliste, plus malléable et moins exigeante en redevabilité, évitant ainsi tout dialogue de fond. Ceux qui refusent de rentrer dans le moule sont, de ce fait, méthodiquement écartés des leviers de décision, puis marginalisés par une rhétorique qui les présente comme déconnectés du « réel » ou opposants par nature — quand bien même leur seule faute est d’exiger la compétence et la transparence.

Et c’est précisément là que réside la blessure la plus profonde de cette génération d’intellectuels gabonais : nous qui avons fait le choix de croire au pays, qui avons accumulé savoir, expertise et conviction dans le seul dessein de les mettre au service de l’effort national, nous nous heurtons systématiquement à une porte fermée, sans explication, sans justification rationnelle. On ne nous appelle pas. On ne nous nomme pas. On ne nous associe à rien. On ne nous dit jamais pourquoi. On nous écarte, simplement, silencieusement, comme si notre compétence elle-même constituait un obstacle. Cette frustration n’est pas une simple amertume personnelle : elle est le symptôme d’un système qui préfère la fidélité aveugle à l’intelligence critique, et qui, ce faisant, prive le pays de ses propres forces vives au moment même où il en a le plus besoin.

Un blocage systémique

En verrouillant ainsi l’accès aux sphères de décision, le pouvoir sacrifie le développement de long terme sur l’autel de la conservation immédiate. Cette stratégie comporte un risque majeur : l’atrophie progressive de l’expertise nationale. À force d’écarter les forces vives au profit des réseaux d’allégeance, l’État perd sa capacité d’innovation et sa faculté à résoudre les crises structurelles qui s’accumulent. Car les routes et les bâtiments, si nécessaires soient-ils, ne suffiront jamais à eux seuls à porter durablement un pays : c’est la qualité de sa gouvernance humaine, le renouvellement de ses cadres, l’ouverture aux talents qui décident, à terme, de sa capacité à se hisser au rang qu’il mérite.

Le constat est donc sans appel : lorsque le savoir et l’éthique deviennent des obstacles au maintien d’un régime plutôt que des leviers de gouvernance, la dynamique du pouvoir cesse d’être une aventure collective pour se réduire à une simple opération de survie partisane.

Pour le pays, le prix de cette sclérose est la rupture silencieuse du contrat social : une jeunesse éduquée et des élites intellectuelles se retrouvent face à une porte close, dans l’attente d’une ouverture véritable — qui, pour l’instant, tarde toujours à venir.

L'URL courte de cet article est : https://www.leconfidentiel.ga/d0nz
Partage32Tweet20EnvoyerPartage

Articles Recommandés pour vous

Santé : les agents en attente de poste budgétaire durcissent le ton, crédit Le Confidentiel.

Santé : les agents en attente de poste budgétaire durcissent le ton

par Arnaud Mbeng Edou
29 septembre 2026
0

Ils étaient réunis ce lundi 28 septembre devant les locaux du ministère de la Santé, à Libreville. Ce mardi 29 septembre, le collectif des agents en attente de...

Chantiers de l'Etat : sous l'œil d'Oligui Nguema, les entreprises du BTP sommées de livrer, crédit DR;

Chantiers de l’Etat : sous l’œil d’Oligui Nguema, les entreprises du BTP sommées de livrer

par Arnaud Mbeng Edou
29 septembre 2026
0

La scène est ubuesque, mais elle dit beaucoup de la relation qui s'est nouée entre le chef de l'État et les entreprises chargées d'exécuter ses grands chantiers. Mi-septembre,...

« Et Sybilus créa l'Homme... La Genèse » : un lecteur, diplomate de son état aux Nations unies à New York, salue « un ouvrage profond » réservé aux initiés, crédit Le Confidentiel.

« Et Sybilus créa l’Homme… La Genèse » : un lecteur, diplomate de son état aux Nations unies à New York, salue « un ouvrage profond » réservé aux initiés

par Arnaud Mbeng Edou
29 septembre 2026
0

Un texte dans lequel il s'adresse directement à l'auteur, et que nous avons choisi de publier. Le ton est celui de l'admiration : « Un ouvrage poignant, un...

81e Assemblée générale de l’ONU : pourquoi le Gabon n'a pas quitté la salle face à Netanyahou, crédit DR.

81e Assemblée générale de l’ONU : pourquoi le Gabon n’a pas quitté la salle face à Netanyahou

par Arnaud Mbeng Edou
29 septembre 2026
0

La scène était attendue. Jeudi 24 septembre, lors du débat général de la 81e session de l'Assemblée générale, le Premier ministre israélien a pris la parole devant des...

Comment la SETRAG s'appuie sur les trois communes du Grand Libreville pour sécuriser la voie ferrée entre les PK 2 et 17, crédit DR.

Comment la SETRAG s’appuie sur les trois communes du Grand Libreville pour sécuriser la voie ferrée entre les PK 2 et 17

par Arnaud Mbeng Edou
28 septembre 2026
0

Sur les premiers kilomètres du Transgabonais, la voie ferrée ne traverse pas la forêt mais des quartiers. Entre la gare d'Owendo et la sortie du Grand Libreville, les...

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

UNE QUESTION ? CONTACTEZ NOUS

Toute l’équipe de Le Confidentiel reste à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

Par email : contact@leconfidentiel.net

Inscrivez-vous à notre Newsletter

  • Les appels de fonds suspects de Vincent de Paul Massassa dans un compte offshore aux entreprises pétrolières et gazières, crédit/Le Confidentiel

    Les appels de fonds suspects de Vincent de Paul Massassa dans un compte offshore aux entreprises pétrolières et gazières

    1082 partages
    Partage 433 Tweet 271
  • Gabon : quand Brice Clotaire Oligui Nguema assume sa polygamie au sommet de l’Etat

    740 partages
    Partage 296 Tweet 185
  • Grande Loge du Gabon : Jacques-Denis Tsanga succède à Ali Bongo Ondimba

    717 partages
    Partage 287 Tweet 179
  • Le Directeur général de la Sotrader Ahmed Bongo Ondimba viré

    674 partages
    Partage 270 Tweet 169
  • Le factice testament de Mohamed Nour Ed-Din Edouard Valentin BONGO

    597 partages
    Partage 239 Tweet 149
Le Confidentiel du Gabon

Ni juges, ni partis, nis soumis : nous sommes Le Confidentiel

Dernière Info
Formation : 60 conducteurs de grues offshores mieux outillés
Olam Palm Gabon développe le réseau des pharmacies agréées CNAMGS
Reconnaissance du système TRACER par l’Union Européenne
GSEZ : La sécurité aérienne à tout prix
RSE : GSEZ échange avec ses parties prenantes
  Flash Infos
Quand les magistrats contestent la copie du CSM du 16 septembre 25 septembre 2026
Incendie de Booué : le plan d’action de Ntoutoume-Leclercq 7 septembre 2026
Fête de l’indépendance : Oligui Nguema place le 66e anniversaire sous le signe du « temps des preuves » 16 août 2026
Justice : le SYNAGREF va-t-il paralyser les tribunaux pour contraindre l’État à appliquer son nouveau statut ? 10 juillet 2026
Budget 2027 : Jean Gaspard Ntoutoume Ayi alerte sur une situation financière “catastrophique” 27 juin 2026
Next
Prev

Telephone: 066275628
Telephone: 074841694
Email: contact@leconfidentiel.ga

Pour ou contre un procès du président déchu Ali Bongo Ondimba déposé par les forces de défense et de sécurité le 30 août 2023 ?

  • Qui Sommes-Nous ?
  • Devenez une source
  • Pourquoi s’abonner ? 
  • Contactez-Nous
  • La rédaction

© 2026 Le Confidentiel - Powered By Webmaster Freelance

Aucun Résultat
Voir Tous les Résultats
  • Actualités
  • Economie
  • Gouvernance
  • Diplomatie
  • Environnement
  • Publi-reportage
  • Opinion
  • Société Culture et Sport
  • Matières Premières
  • Nominations
  • Qui Sommes-Nous ?
  • Contactez-Nous
  • Devenez une source
  • Pourquoi s’abonner ? 

© 2026 Le Confidentiel - Powered By Webmaster Freelance

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
×