C’est peu après l’effondrement partiel de sa toiture que l’édifice emblématique du catholicisme gabonais avait dû fermer ses portes, conservées closes pendant quinze mois. Les travaux de réhabilitation, confiés à Ecowood, entreprise gabonaise spécialisée dans la charpente industrielle, ont porté sur le renforcement de la toiture, désormais dotée d’un système de ventilation, ainsi que sur une rénovation complète de l’intérieur et des abords extérieurs du bâtiment. Plusieurs donateurs, issus de secteurs variés, ont contribué financièrement et matériellement à ce chantier.
La cérémonie de réouverture, empreinte de solennité, a réuni autour du couple présidentiel le clergé, des membres du gouvernement, du corps diplomatique, des dignitaires de la République et de nombreux fidèles. Procession, ouverture rituelle des portes, célébration liturgique du soir, bénédiction des espaces rénovés, mot du curé de la paroisse et dévoilement d’une plaque commémorative ont rythmé l’événement. Point d’orgue de la cérémonie : l’archevêque métropolitain a remis des médailles honorifiques au président Oligui Nguema et à son épouse, avant de leur restituer symboliquement les clés de la cathédrale, « en reconnaissance du soutien de la communauté à la restauration de cet édifice emblématique ». La présidence a présenté cette participation comme la traduction d’un « attachement aux valeurs de cohésion sociale, de paix, de vivre-ensemble, de respect de la liberté religieuse et de solidarité ».
Léon Mba, le « Père de la Nation », honoré à Essi-Mitang
Quelques heures plus tard, changement de registre mais continuité du message : sur le site historique d’Essi-Mitang, terre natale de Léon Mba, le chef de l’État a inauguré le complexe mémoriel dédié à celui qui fut le premier président de la République gabonaise, et que l’histoire officielle présente comme le « Père de la Nation », initiateur du concept « Gabon d’abord » et maître initié du Bwiti.
Le nouvel ensemble comprend un mausolée abritant les restes de l’ancien chef d’État, une statue de cire à son effigie, un musée et une bibliothèque rassemblant archives, photographies et objets personnels, ainsi qu’un orgue datant de 1964, provenant précisément de la cathédrale Sainte-Marie, un clin d’œil entre les deux cérémonies de la journée. Le site comporte également des jardins botaniques, une cascade, une salle de conférence, un salon présidentiel et un espace numérique.
Aux côtés du président Oligui Nguema et de la Première dame Zita figuraient le ministre de la Culture et Jean Eyeghe Ndong, ancien Premier ministre représentant la famille de Léon Mba. La ministre de la Culture a insisté sur « la portée symbolique de ce lieu », établie sur la terre natale du premier président et conçue, selon elle, pour concilier ancrage identitaire et ouverture sur le monde. Jean Eyeghe Ndong a, pour sa part, salué au nom des proches de Léon Mba cette « initiative de restauration mémorielle ».
Un même fil, celui de la mémoire
Au-delà du protocole, ces deux séquences se rejoignent dans un même registre, celui de la mémoire nationale, à la fois spirituelle, avec la restauration d’un lieu de culte majeur, et historique, avec la mise en valeur de la figure fondatrice de Léon Mba. Organisé deux jours avant les célébrations du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon, le 17 août, et à quelques mois de l’élection présidentielle, ce double rendez-vous s’inscrit dans le calendrier symbolique que le président Oligui Nguema entend donner à son mandat, en associant son image à ces deux piliers de l’identité gabonaise que sont la foi et l’histoire du pays.







