Rose Ogouebandja n’est pas arrivée dans les cercles institutionnels par la politique. Son parcours commence dans la communication avant de l’amener progressivement vers la finance, le management et la transformation numérique.
Après un baccalauréat obtenu en 1997, elle étudie la communication à l’Université Sophia Antipolis, à Nice, puis complète sa formation à Paris à l’École supérieure de journalisme de Paris (ESJ Paris). Mais c’est surtout son expérience professionnelle qui va progressivement élargir son champ de compétences.
À 24 ans, alors qu’elle est encore étudiante, elle connaît déjà ses premières responsabilités managériales dans le secteur des cosmétiques, au sein du groupe L’Occitane en Provence, où elle devient directrice adjointe d’un magasin à Paris.
Elle s’oriente ensuite vers la gestion de patrimoine et travaille à Versailles pour Trianon Patrimoine Gestion. La crise financière de 2008 accélère alors sa réorientation vers l’assurance et la finance.
Elle débute dans l’assurance à la Caisse nationale d’assurance vieillesse, à Paris, où elle intervient notamment sur des sujets de communication et travaille avec l’Assemblée nationale française. Elle rejoint ensuite BNP Paribas, puis le Crédit du Nord, au sein de sa filière Bourse, SURAVENIR, où elle travaille notamment sur l’analyse de fonds boursiers.
Elle poursuit son parcours chez HSBC, sur des fonctions liées à la gestion de grands comptes entreprises, avant d’évoluer également vers la clientèle particulière.
Mais c’est chez General Electric que son profil prend une nouvelle dimension. Elle y entre comme gestionnaire de portefeuille avant d’évoluer vers des fonctions de responsable asset management.
Elle prend alors en charge un portefeuille conséquent et pilote à distance une équipe externalisée d’environ 150 personnes en Tunisie.
Chez General Electric, elle pilote un projet de digitalisation dont le modèle sera ensuite repris dans d’autres pays européens, notamment en Espagne et en Allemagne.
Cette période constitue un tournant dans son parcours. À l’expertise financière s’ajoutent désormais le management d’équipes importantes, la conduite de projets internationaux et la transformation numérique.
C’est avec ce bagage que Rose Ogouebandja revient au Gabon.
Elle évolue alors dans plusieurs environnements publics et ministériels. À l’Agence gabonaise de normalisation, elle prend notamment en charge les systèmes d’information et la communication, avec un accent particulier sur le digital.
En 2018, elle crée également sa propre structure de conseil, ajoutant l’entrepreneuriat à son expérience dans les entreprises et l’administration.
Son engagement associatif complète ce parcours. Présidente fondatrice de Golden Women, elle s’investit notamment dans les questions liées au leadership féminin et à l’inclusion financière. Elle participe également aux travaux du panel consultatif de l’UNCDF sur les services financiers numériques dans la CEMAC.
Le 8 mai 2025, elle est nommée conseillère spéciale, chef de département adjointe au sein du département Communication de la présidence de la République. Elle rejoint ainsi le dispositif présidentiel après plusieurs années passées entre secteur privé, conseil et administration.
Cette expérience au cœur de l’appareil d’État vient compléter un profil déjà transversal : finance, management, communication, numérique et connaissance des mécanismes institutionnels.
La parenthèse présidentielle se referme en mai 2026 dans le cadre de la réorganisation de l’appareil présidentiel. Quelques mois plus tard, elle revient à la finance.
Le 26 août 2026, le groupe financier L’Archer annonce l’ouverture de son bureau à Libreville et la nomination de Rose Ogouebandja comme directrice pays.
Fondé à Brazzaville en 2021, le groupe poursuit son développement en Afrique centrale et fait de Libreville sa cinquième implantation régionale. L’Archer indique être actif au Gabon depuis janvier 2026 et avoir déjà engagé plusieurs opérations de structuration et de mobilisation de financements auprès d’acteurs publics et privés.
Son choix pour diriger le bureau gabonais apparaît ainsi comme la rencontre entre plusieurs dimensions de son parcours : une expérience de la finance internationale et de la gestion d’actifs, une pratique du management et des projets de transformation, mais aussi une connaissance directe de l’environnement institutionnel gabonais.
Pour Rose Ogouebandja, ce retour vers la finance relève d’une conviction plus large.
« Le développement de nos économies passera par notre capacité à mobiliser nos propres ressources, notre épargne et nos talents », écrit-elle à l’occasion de sa nomination.
L’Archer revendique plus de 3 650 milliards de francs CFA mobilisés dans la zone CEMAC. À Libreville, sa nouvelle directrice pays devra désormais transformer son expérience en résultats : développer les activités du groupe, identifier les opportunités, structurer des opérations et accompagner les acteurs publics et privés dans leurs besoins de financement.
Son parcours raconte finalement moins une succession de changements qu’une accumulation de compétences. La communication lui a donné ses premières armes, la finance une expertise technique, General Electric une expérience du management à grande échelle et des projets internationaux, tandis que ses années dans l’administration et à la présidence lui ont permis de mieux comprendre les mécanismes de l’État et l’écosystème gabonais.
À L’Archer, ces différentes expériences se retrouvent aujourd’hui réunies dans une même responsabilité.
Après les grands groupes internationaux, le conseil, l’administration et la présidence de la République, Rose Ogouebandja revient ainsi à l’un de ses premiers univers professionnels. Avec une mission nouvelle : développer depuis Libreville les activités d’un groupe qui entend contribuer à la mobilisation des capitaux et au financement de l’économie gabonaise et, plus largement, de l’Afrique centrale.







