À Makokou, le message porté par Zita Oligui Nguema dépasse le cadre d’une simple initiative sociale. Il s’inscrit dans une volonté de partir du terrain pour construire des réponses adaptées aux réalités vécues par les femmes gabonaises. Depuis le début de l’année, la Première Dame a choisi d’aller à leur rencontre dans cinq des neuf provinces du pays, dans le cadre de la tournée « Résilience 241 ».
De ces déplacements, elle dit avoir tiré un constat simple : les femmes travaillent, entreprennent et disposent de savoir-faire, mais leurs initiatives restent souvent fragiles faute d’un environnement suffisamment favorable. « À chaque étape, les réalités diffèrent. Mais les attentes se rejoignent », relève-t-elle.
Derrière les activités rencontrées sur le terrain se retrouvent les mêmes difficultés : accès au financement, formation, accompagnement, débouchés commerciaux et réseaux. Autant de contraintes qui peuvent transformer une initiative prometteuse en activité précaire.
« J’ai rencontré les femmes qui travaillent, des jeunes qui entreprennent, des savoir-faire qui existent. Et pourtant, trop souvent, ces efforts restent fragiles », souligne Zita Oligui Nguema. Pour elle, le problème n’est donc pas l’absence d’initiative, mais la difficulté à permettre à celles et ceux qui entreprennent de franchir le cap de la viabilité.
C’est dans cette logique qu’elle a choisi de passer du constat à l’action avec le programme Transfert pour l’autonomie, l’économie et la pérennité des ruraux, lancé à Makokou. L’ambition affichée tient en quatre mots : former, financer, autonomiser et pérenniser.
« Le transfert doit permettre de construire et de durer », insiste la Première Dame. L’objectif est de donner aux bénéficiaires les moyens de développer une activité, de générer leurs propres revenus et, progressivement, de ne plus dépendre d’un soutien extérieur pour poursuivre leur parcours économique.
Cette approche place l’autonomie financière des femmes au cœur de la stabilité familiale. « Une famille doit pouvoir avancer par ses propres moyens, produire, gagner, investir et transmettre », estime-t-elle. Dans cette perspective, soutenir l’activité économique des femmes revient aussi à renforcer leur capacité à contribuer durablement aux revenus du foyer.
Pour Zita Oligui Nguema, l’enjeu est également celui de la dignité. « L’autonomisation devient une réponse économique. Elle participe à la dignité de la femme, renforce sa place au sein du foyer et contribue à préserver l’équilibre familial », affirme-t-elle.
Avec la Fondation Ma Bannière, la Première Dame entend par ailleurs s’appuyer sur une expertise nationale pour mieux identifier les réalités vécues par les femmes, comprendre leurs attentes et adapter les réponses aux besoins des territoires. Une démarche qui revendique une approche fondée sur l’écoute, mais surtout sur l’action.
Reste toutefois le plus difficile : transformer l’intention en résultats durables. Le succès du programme se mesurera moins au nombre de bénéficiaires qu’à la capacité de celles-ci à consolider leurs activités, sécuriser leurs revenus, créer de la valeur et, à terme, transmettre ce qu’elles auront construit.
À Makokou, en marge d’une célébration consacrée à la Libération du pays, Zita Oligui Nguema ouvre ainsi un autre chantier : celui d’une libération économique par l’autonomie. Une ambition qui devra désormais se traduire, sur le terrain, par des financements accessibles, des formations adaptées et surtout des activités capables de survivre au-delà du dispositif qui les aura fait naître.







