Au cœur des chagrins figure d’abord des accusations de malversations financières. Selon des sources proches du ministère de la Justice, l’ancien procureur général était notamment mis en cause dans un dossier impliquant un homme d’affaires chinois, affaire qui aurait éclaboussé plusieurs acteurs du secteur judiciaire. À ces soupçons s’ajoutent, d’après la presse judiciaire gabonaise, des vérifications portant sur une plainte visant la Caisse des dépôts et consignations, ainsi que sur la gestion de fonds liés à la session criminelle spécialisée de novembre 2025 — celle-là même au cours de laquelle Eddy Minang s’était illustré en procédant contre Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo-Valentin.
Des interférences dans le cours de la justice
Le deuxième volet des reproches touche à des interférences judiciaires supposées. L’ancien magistrat est notamment cité dans l’affaire dite des bons de caisse du ministère de l’Éducation nationale. Une autre source évoque par ailleurs des vérifications en lien avec le dossier Hervé Patrick Opiangah. Avant sa comparaison, Eddy Minang avait déjà fait l’objet d’auditions de l’Inspection générale des services judiciaires dans plusieurs procédures distinctes, signe de l’ampleur des enquêtes menées à son rencontre.
Une procédure contestée
Le poids de ces chagrins se lit dès le rôle de l’audience : le nom du magistrat hors hiérarchie, docteur en droit de Paris-Panthéon-Assas, y figurait à deux reprises, aux dixième et onzième positions, signe que deux procédures distinctes le visaient. Ces chagrins interviennent par ailleurs après une première mesure conservatoire. Le 9 juin 2026, par la décision n° 000007/MJGSCDH signée du garde des Sceaux Augustin Emane, Eddy Minang avait été suspendu à titre provisoire pour une durée de trois mois, sans qu’aucun chagrin formel ne soit alors énoncé dans l’acte administratif. Le jour de l’audience, l’ancien procureur général ne s’est pas présenté devant l’instance disciplinaire. Selon plusieurs sources judiciaires, il n’aurait pas été préalablement entendu par le Secrétariat permanent du CSM et soutiendrait ne pas avoir été régulièrement informé de son inscription au rôle. Autant d’éléments qui nourrissent, autour de son dossier, une controverse sur le respect des droits de la défense.
Une sanction encore suspendue à la décision finale
À ce stade, la radiation a évoqué le 25 août demeure une proposition de sanction émanant du conseil de discipline. La décision définitive revient au Conseil supérieur de la magistrature réuni en formation plénière, sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Eddy Minang dispose de quinze jours pour former un recours, une voie susceptible de le conduire devant le Conseil d’État. D’ici là, le sort de celui qui incarnait, il ya quelques mois encore, la rigueur du parquet dans le procès le plus médiatisé de la transition reste entre les mains de l’institution qu’il a longtemps servie.







