Vingt-quatre heures. C’est le temps qu’aura duré la privation de liberté de Giovani Boulingui, porte-parole d’Ensemble pour le Gabon (EPG). Dans un communiqué diffusé ce jeudi 27 août depuis Libreville, la formation politique annonce que son responsable, « convoqué le mercredi 26 août 2026 par l’antenne locale de la Direction Générale des Recherches (DGR) à Tchibanga, a été entendu ce jeudi 27 août 2026 au parquet », avant d’être libéré.
À l’issue de cette audition, précise le parti, « M. Giovani Boulingui a été remis en liberté, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire, qui devrait être appelée à être examinée en audience ». Autrement dit : si le porte-parole a recouvré la liberté, l’affaire, elle, n’est pas close.
La séquence s’était ouverte la veille dans un climat d’incertitude. Selon un premier communiqué publié le 26 août, M. Boulingui « s’est présenté à cette convocation à 13 heures, afin d’y être entendu ». Puis plus aucune information officielle. C’est par ses proches que le parti apprend la tournure des événements : « Selon les informations communiquées par sa famille, M. Giovani Boulingui aurait été placé en garde à vue à l’issue de son audition », écrivait alors EPG, qui disait demeurer « dans l’attente d’une confirmation officielle des autorités compétentes concernant cette mesure, ainsi que de la communication de ses motifs, de son fondement et des faits précis qui seraient reprochés à notre porte-parole ».
Dès cet instant, la formation avait choisi le registre de la fermeté. Elle exprimait « sa vive préoccupation face à cette nouvelle privation de liberté touchant l’un de ses responsables » — l’adjectif « nouvelle » en disant long sur le climat judiciaire dans lequel évolue le parti. Et de rappeler un principe : « en démocratie et dans un État de droit, la privation de liberté ne saurait devenir un préalable à la recherche des faits ». Le communiqué enfonçait le clou : « L’enquête doit permettre d’établir les faits. Elle ne doit pas servir à justifier, après coup, une arrestation. »
Libéré, Boulingui n’éteint donc pas le contentieux. EPG, qui dit « prend[re] acte de cette évolution », demeure « attentive aux suites judiciaires de cette affaire, ainsi qu’aux conditions dans lesquelles celle-ci sera examinée ». Le parti « réaffirme son attachement au respect des droits et libertés, à la présomption d’innocence et aux principes fondamentaux de l’État de droit » et promet de suivre la procédure « avec la plus grande attention », s’engageant à communiquer « en temps utile, tout élément nouveau et vérifié ».
L’épisode intervient alors que la formation liée à l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce depuis plusieurs mois ce qu’elle présente comme un resserrement de l’étau judiciaire sur ses cadres. En appelant ses membres et sympathisants à « faire preuve de sérénité, de vigilance et de responsabilité », la direction du parti cherche autant à contenir l’émotion de sa base qu’à occuper le terrain politique.
Reste désormais à connaître la teneur exacte des faits reprochés au porte-parole, que le parquet n’a, à ce stade, pas rendus publics. La date de l’audience annoncée par EPG dira si l’affaire Boulingui en restera là.







