Sur les hauteurs de la Cité de la Démocratie, l’édifice a retrouvé son lustre le 3 mai 2026, jour de son inauguration par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Confiée à l’entreprise turque Summa, la réhabilitation a redonné vie à un site laissé à l’abandon depuis plus d’une décennie. Lancé en 2024, le chantier a été livré en dix-huit mois, avec un auditorium principal de 3 100 places, une salle de banquets de 1 500 couverts et une salle présidentielle de 275 places. Un dispositif calibré pour recevoir des délégations de chefs d’État.
Dès la tribune de l’inauguration, le chef de l’État avait fixé le cap. Devant un parterre de délégations, il formulait le vœu de voir se tenir dans ces murs le sommet de l’Union africaine en 2027, puis celui de la Francophonie en 2030. C’est cette première échéance qui donne aujourd’hui au bâtiment sa vraie fonction : servir de vitrine à une diplomatie que le pays veut de nouveau offensive.
La candidature a été officiellement lancée le 11 mai, au sommet Africa Forward de Nairobi. Le choix de l’année n’a rien de fortuit. En 1977, sous Omar Bongo, Libreville avait accueilli le 14e sommet de l’Organisation de l’unité africaine, ancêtre de l’Union africaine. Cinquante ans plus tard, la capitale entend renouer avec ce moment fondateur, en faisant valoir un atout que peu de villes d’Afrique centrale peuvent aligner : un centre de congrès flambant neuf. Reste un concurrent de poids, le Kenya de William Ruto, lui aussi sur les rangs.
Pour convertir cette ambition en soutiens, l’État mise sur ses rendez-vous bilatéraux. Lors de la visite d’État de son homologue congolais Félix-Antoine Tshisekedi, reçu à Libreville les 15 et 16 août, Oligui Nguema a sollicité l’appui de Kinshasa. « Je voudrais solliciter le soutien de votre pays dans le cadre de la candidature du Gabon pour abriter le sommet de l’Union africaine en 2027 », a-t-il lancé devant les caméras, à l’issue de leur tête-à-tête. La réciprocité n’a pas tardé : lors de la même rencontre, Libreville a apporté son appui à la candidature de la Congolaise Juliana Lumumba au secrétariat général de la Francophonie.
Cette manière de transformer chaque visite d’État en occasion d’engranger des ralliements, des diplomates la résument par la formule d’une diplomatie « de résultats » plutôt que « de représentation ». Le pari est clair : bâtir, capitale après capitale, la coalition de voix qui manquait jusqu’ici sur la scène continentale. Le Palais des Congrès en est la carte de visite, la preuve matérielle qu’un rendez-vous de chefs d’État peut de nouveau se tenir à Libreville.
Le choix de la ville hôte du sommet de 2027 se jouera dans les prochains mois, au sein des instances de l’Union. La candidature, elle, a déjà posé sur la table son argument le plus visible.







