Un héritage qualifié de « désastreux »
D’entrée, le chef de l’État n’a pas ménagé ses prédécesseurs. Face aux parlementaires, il a dressé un tableau sombre du Gabon d’avant le coup du 30 août 2023 : une dette représentant 70% du PIB, un chômage des jeunes à 35%, des bourses scolaires suspendues, une CNAMGS « inefficace » et une identité nationale selon lui « abandonnée ». « Notre pays méritait des institutions fortes, crédibles, une gouvernance assainie », a-t-il martelé, reprenant une conviction qu’il dit porter depuis la Transition.
Des annonces concrètes
Sur le plan social, Oligui Nguema a annoncé le lancement de la troisième et dernière tranche du règlement des rappels dus aux fonctionnaires, soit 35 milliards de francs CFA. Au total, l’État aura versé 105 milliards de FCFA en deux ans. Il a également promis le paiement d’une première tranche de 10 milliards de FCFA aux épargnants spoliés de la Poste SA. « Tous ces règlements seront effectifs dès demain », a-t-il déclaré depuis la tribune.
Côté emploi, le président a mis en avant la création de 22 000 postes dans le secteur privé depuis la Transition, ainsi que la distribution de 1 066 taxis dans le cadre du programme « Un Jeune, un Taxi ». Il a également annoncé l’extension prochaine du projet Gab Pêche vers Mayumba, Cocobeach et Gamba, tout en reconnaissant que ce programme « rencontre quelques difficultés dans sa phase de mise en œuvre ».
Pétrole et mines : une souveraineté revendiquée
Sur le plan économique, le chef de l’État a affiché sa satisfaction concernant le rachat des actifs pétroliers d’Assala et de Tullow Oil. « Grâce à l’acquisition de ces actifs, nous devenons le premier producteur national, devant les anciens leaders historiques », s’est-il félicité. Il a également évoqué le gisement de fer de Belinga, « estimé à 7,5 milliards de tonnes », qu’il qualifie de « plus grand au monde », conditionnant son exploitation à la construction de ports en eau profonde et d’une nouvelle ligne de chemin de fer.
Sur le narratif du « Gabon pays riche », il a choisi la franchise : « Ce narratif est une illusion. Les Gabonais doivent tous en être conscients et se mettre au travail. »
Transport et infrastructures : le chantier national
Le président a détaillé plusieurs projets structurants. La réhabilitation du chemin de fer, financée par un emprunt auprès de l’AFD de 173 millions d’euros, s’étendra sur six ans jusqu’en 2031. La compagnie nationale FLY Gabon, déjà opérationnelle sur plusieurs liaisons intérieures et africaines, verra son réseau s’élargir. Il a par ailleurs annoncé la candidature du Gabon pour abriter le Sommet de l’Union Africaine en 2027.
Concernant les transports publics urbains, le président a annoncé la fin progressive des subventions. « Fini le ngori ! », a-t-il lancé, signalant que les recettes générées devront couvrir les charges de fonctionnement de la nouvelle Compagnie Nationale Interurbaine, née de la fusion de la SOGATRA et de TRANS’URB.
Un appel solennel à l’unité
En conclusion, Oligui Nguema a durci le ton face à ceux qu’il accuse de propager la désinformation. « Les discours de haine, les manipulations identitaires qui appellent à la violence et à la désobéissance ne servent pas la République », a-t-il averti, avant de lancer « un appel solennel à l’unité nationale, au patriotisme et à la responsabilité ».
S’adressant à la jeunesse, il a choisi la métaphore de la patience : « Attachez-vous à accomplir des tâches modestes ; c’est de l’addition de ces efforts discrets que naîtront, pour notre Nation, de véritables accomplissements. »
Son mandat, a-t-il promis, « ne sera pas celui des fausses promesses et des maquettes mais plutôt celui de la responsabilité, des actions et du bâtis. » Le peuple gabonais, lui, jugera sur pièces.







