Il succède à Eddy Narcisse Minang, révoqué à l’issue d’un conseil de discipline du CSM. Depuis la suspension conservatoire de ce dernier, le 9 juin, l’intérim était assuré par Thalie Obone Nguema, épouse Edjo, magistrate hors hiérarchie, chargée de la continuité à la tête du parquet. C’est de ce ressort que dépendent les grands dossiers de la cour d’appel de la capitale.
Un magistrat de l’environnement
C’est sur le terrain de la justice environnementale que le nouveau procureur général s’est d’abord fait un nom. À la tête de l’Association des magistrats verts du Gabon, il aurait traité, selon sa biographie institutionnelle, des affaires d’exploitation forestière illégale, de braconnage, de pêche illicite et de trafic d’espèces protégées et d’ivoire. Des dossiers qui, toujours selon cette source, ont parfois débordé le cadre national pour toucher plusieurs pays de la sous-région.
En 2015, il aurait reçu le prix Iqbal Masih pour son engagement contre la traite des enfants, une distinction qui l’a fait connaître au-delà des juridictions nationales.
Un parcours entre parquet et siège
Né le 5 août 1974 à Libreville, Alain-Georges Moukoko a bâti une carrière partagée entre le ministère public et le siège. Diplômé de l’École nationale de la magistrature en 2007, il exerce d’abord au parquet. Selon la même biographie, il aurait officié une dizaine d’années comme procureur, entre 2007 et 2016. En novembre 2016, il est installé substitut général près la Cour d’appel judiciaire de Franceville, après un passage comme procureur de la République près le Tribunal de première instance de Makokou.
La suite se joue au siège, à Mouila. D’abord président de chambre, puis Premier président de la Cour d’appel depuis 2024. Entre-temps, une ouverture à l’international: des formations en droit humanitaire, en leadership, en lutte contre la corruption et la criminalité transnationale. Il a été Humphrey Fellow en 2019-2020.
Sa prise de fonction s’inscrit dans un vaste mouvement décidé par le CSM du 16 septembre. Au parquet général de Libreville, il sera entouré des avocats généraux Hortense Komba Bango épouse Ngossanga, Olivier Nzaou et Angélique Ndouna, ainsi que des substituts généraux Rodrigue Ondo Mfoumou et Andy Kinette Ntsame Mamadou. Le Conseil a par ailleurs inscrit son nom au tableau d’avancement au grade hors hiérarchie.
Le contexte donne à cette nomination un relief particulier. Le chef de l’État a demandé à la magistrature un traitement diligent des procédures et un effort pour restaurer la confiance dans l’institution. En passant de la présidence d’une cour d’appel à la direction d’un parquet, Alain-Georges Moukoko change de fonction autant que de dimension. Son action se retrouvera au premier plan des dossiers les plus scrutés de la place.
Installé à un poste que la sanction de son prédécesseur a rendu brûlant, il hérite d’un parquet où chaque décision sera pesée.







