En quelques mois, sa société est devenue l’une des signatures les plus visibles du BTP gabonais. Le Roi des Chantiers, filiale du groupe Jeta spécialisé dans les travaux publics et l’aménagement urbain, s’est imposée comme un acteur de référence des chantiers prioritaires. Terrassement, construction, rénovation : l’entreprise coche l’essentiel des cases de la commande publique du moment. Son dirigeant, lui, avance sans bruit.
Le nom d’Agano Elemba n’est pourtant pas nouveau. Bien avant l’actuelle transition, il portait déjà la voix de son secteur. En décembre 2020, à la tête de JETA Groupe, il invitait l’État à redéfinir ses rapports avec la communauté des hommes d’affaires gabonais et à mieux reconnaître les efforts des entreprises locales. Cinq ans plus tard, le contexte lui offre une tribune autrement plus large.
C’est le déploiement du réseau Gab’Oil qui a fait décoller sa notoriété. En huit mois, une dizaine de stations-service sont sorties de terre, de Minvoul jusqu’à Okondja. À Malinga, dans la Ngounié, l’entreprise a été retenue pour bâtir un Trésor Public imaginé sous Omar Bongo Ondimba et est restée à l’état de promesse jusqu’à sa relance récente. À Makongonio, une station communautaire vient combler un vide dans une zone longtemps privée de point de ravitaillement.
Cette ascension épouse une tendance de fond. Là où des ingénieurs et des engins français traçaient l’essentiel des routes du pays, ce sont aujourd’hui des groupes gabonais qui assument le bitume. L’État a fait de la préférence locale un axe assumé, et de la rapidité d’exécution un argument politique. Le Roi des Chantiers en est devenu la figure la plus en vue, au point d’être régulièrement cité dans la même phrase que la « vision » présidentielle.
L’homme cultive une image d’entrepreneur de terrain. Ses relais le déterminent comme un jeune dirigeant dynamique, qui a misé sur la réactivité et une communication de proximité. Présent sur les chantiers, attentif au récit qui les accompagne, il incarne le profil du patron qui a compris que, dans le Gabon d’aujourd’hui, livrer vite vaut autant que livrer bien. Sa discrétion personnelle tranche avec la visibilité de ses réalisations.







